Biographie Un texte de Mail-Anne Mathis.


« Complaisance », « Triptyque », « Hélix », « Tête à tête avec Paul Newman » : formes.
« L’origine du monde », « La danseuse d’Ithaque », « Après la colère » : couleurs.
Des œuvres abstraites, d’épure, évolutives, entrelacs de mille desseins.

Caroline Poulet est née hors de Paris, à Evry, son paysage intérieur s’est toujours nourri de ces grands espaces de nature, de forêts qui ont développé dans ses œuvres cette tranquillité harmonieuse et cette liberté à la fois qui s’exprimera dans ces surfaces, lisses, aux longues volutes sans cesse réinventées, ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autres…

A neuf ans elle hérite de la boîte de pastels de cette arrière-grand-mère aquarelliste qui faisait de la retouche photo durant la guerre. Avec, elle se lance dans une série de dessins, très aboutis, à la recherche d’une perfection, d’une complétude, dans l’exigence de l’achèvement. Pendant l’enfance ses sujets de prédilection se portent sur la nature, les fleurs, l’automne, dessinés avec un trait d’une grande finesse, à la recherche toujours de cet aboutissement.

A l’âge du lycée, elle découvre la terre et le modelage et réalise ses premiers nus lors d’un stage à l’atelier de Sèvres où elle se perfectionne aussi en dessin et en peinture. Cette première rencontre/fascination va l’amener à acheter de la terre et à continuer seule ses recherches. D’où la création de premières œuvres figuratives et réalistes. Les premiers corps et les premières têtes s’imposent comme une évidence. Caroline découvre la sensation de la matière, molle, modelable entre ses mains, bouleversement qui la conduit à abandonner le dessin et à lui préférer la simplicité du volume. De cette première expérience à l’atelier de Sèvre, en immersion totale dans le dessin, la technique et le modelage, elle sort avec un œil aiguisé, observation constante et consciente du monde.

De retour au lycée, elle organise sa première exposition, soutenue par un professeur d’arts plastiques passionnée. Elle y montre des corps de femme en argile blanche qu’elle utilise pour sa texture douce, lisse qui se prête à la représentation du corps féminin, une terre faite pour la porcelaine dont elle dit : « En séchant, elle blanchit vraiment ». Ainsi, Caroline fait émerger ses premiers corps, dont elle veut faire des corps parfaits dans leur achèvement : expressifs, loin de tout aspect statique, dont la vie sourde : obsessionnalité qui traque l’imperfection et recherche toujours plus de blancheur, plus de lisse jusqu’à l’acharnement. Mais ce travail reste aussi doux et reposant pour l’artiste, qui le compare à un « plaisir anesthésiant, qui ne se fait pas en force ». Il s’agit, dès cette période, d’un véritable travail d’autodidacte, sans influence extérieure, un travail centré sur ses propres recherches.

Après le baccalauréat, elle retourne à l’Atelier de Sèvres où elle poursuit des études d’arts appliqués et se prépare à présenter les différentes écoles comme les Beaux-Arts et les Arts Déco. Elle y suit notamment des cours de couleur et de perspective et de… calligraphie gothique…

Finalement, elle s’oriente vers l’Institut Supérieur des Arts Appliqués (LISSA). Elle achève sa formation dans l’atelier de Jaildo Marhino à Boulogne qui la remarque et la pousse à devenir encore plus minutieuse et plus précise. Rapidement, elle fait ses cinq premières coulées de bronze : des corps de femmes directement à la cire. La facture en est encore assez classique.

En 2002, elle part au Niger à la recherche d’une Afrique rêvée, animée par l’envie de découverte d’une culture et … de grands paysages … Un idéal de vie tranquille. Et, effectivement, malgré les difficultés qu’elle rencontre à Niamey, le climat compliqué, les démissions des autres français autour d’elle, Caroline crée le poste d’Arts Plastiques du lycée français. Elle s’intéresse à ce rapport de transmission, à ce travail d’études car « L’œuvre d’art est justement l’aboutissement de toutes ces études ». Elle pousse ses élèves à emprunter les voies d’une technique qui évolue à travers la matière et la pratique, pas le dessin.

Parallèlement à ce travail d’enseignement, Caroline sillonne les grands espaces du désert. Se développe alors un sentiment de liberté, d’harmonie, de méditation avec soi-même. Repos de l’âme, bercée par le rythme lancinant du désert : « Contempler et profiter ». Il peut se passer n’importe quoi, quelle importance dans l’union de ces dunes qui n’en finissent plus, de leurs changeantes couleurs qui donnent vie à ces rivières de sable granuleuses mais lisses, infiniment remodelées par les vents, mouvantes et flexibles ? Le paysage s’offre graphique, insiste naturellement sur les courbes, les rondeurs, les lignes douces sculptées par les variations de reflets dans la lumière. De là commence la genèse des formes de Caroline. C’est dans le désert nigérien qu’elle fait et rencontre des touaregs avec lesquels elle appréhende de nouvelles techniques : le cuir (fabrication d’objets usuels comme des boîtes et des coffres), la forge avec ceux qui travaillent l’argent pour faire des bijoux, la pierre de talc.

Elle retravaille aussi le bronze de manière traditionnelle et échange ses techniques de moulage une fois par semaine avec un ami peul six mois durant. Les moules sont un mélange de terre et de son, le métal de vieilles pièce de moteur, des amalgames hétéroclites de clefs ou de morceaux de tuyauterie, un mélange de zinc et de cuivre. Le moulage se fait à cire perdue à 600/800°C. Elle produit alors différentes séries dont la première une série de chameaux. Puis, de nouveau, des corps de femme qu’elle déchire pour n’en plus garder que certaines parties qu’elle incruste sur bois. Toute cette première partie de sa création, elle la considère comme des études et c’est au moment où elle commence ses incrustations de bronze sur bois, qu’elle se dit qu’elle souhaite maintenant réaliser une œuvre.

Le phantasme créatif se fixe sur cette rencontre régulière des paysages désertiques, dans ces visuels immenses de Nature, de vastes paysages de vallons et de dunes : avoir une vision d’ensemble, une œuvre non urbaine, du land art dans la nature. Mais, un grave accident de moto lui laisse une main atrophiée une demi-année durant, la plaie est à vif. Ce nonobstant, Caroline ne se fait pas soigner, il n’y aura pas de greffe et pourtant sa main se remet sans séquelle ni rééducation.

A ce moment-là, elle choisit de rentrer en France où elle repart travailler le bronze à l’atelier de Boulogne où elle devient un des plus jeunes sculpteurs. Moment décisif où les formes féminines s’allongent, où les têtes disparaissent ; il  s’agit d’un travail qui étire et rapproche de la ligne. Elle s’essaye aussi, pour la première fois, à la résine.

En 2007, elle reprend la route et voyage deux mois au Népal, rencontre des artistes locaux qui travaillent le bronze près de Katmandou et érigent des bouddhas monumentaux, non pas dans une fonderie en intérieur, mais dehors, comme en Afrique. Ces rencontres avec des artisans lui permettent une nouvelle fois de partager des techniques et de créer des œuvres collaboratives.
De retour à Paris, elle part à la recherche de son ancien professeur, Jaildo Mahrino qui lui apprend que la fonderie a brûlé. Elle le suit rue Pierre et Marie Curie où elle travaille le bois et la terre avec laquelle elle refait des têtes, la dextérité du modelage revient. Alors, elle réalise sa première sculpture en plâtre, grande, de taille humaine. Cette nouvelle matière lui impose la structure métallique : étaux et barres de fer. C’est à cette époque que naît « Complaisance », première œuvre en plâtre à structure métallique, adjointe au mastic polyester, totalement abstraite qui reprend le blanc, le lisse, la ligne onduleuse et féminine. 2008 est une année d’accélération des changements et de recherches techniques. Caroline réalise trois œuvres en même temps et travaille de nouvelles structures en parallèle. Ses formes sont à la fois lisses et dynamiques, évitant toute mollesse. La résistance du matériau est importante pour des œuvres qui veulent être regardées dans toutes les positions, qui peuvent être posées différemment sur leurs multiples points d’appuis. Le volume est retravaillé dans le volume pour créer du mouvement et un espace sans cesse réinventé. La matière de prédilection devient et restera la résine. Avec cinq pièces abouties, elle se rend dans les galeries.

S’enchaînent alors les expositions, en juin 2009 l’exposition collective au Gondefazant, à Amsterdam où sont présentées 10 œuvres en résine puis 6 expositions et une installation en 2010 : une exposition collective à la Halle aux toiles de Rouen en janvier, une exposition à la galerie Voskel avec le challenge de devoir finir des pièces pour la galerie, comme l’éponyme « Voskel ». En mai 2010, elle expose une œuvre à deux mains « Cocon » monumentale en calque tressé. Le « Cocon » abrite un autre artiste, ami, qui y fait résonner sa musique expérimentale, de la guitare à archet, protégé par la bulle ainsi construite. En septembre, elle est à Louvégnié en Belgique et expose en plein air, puis elle réexpose dans la galerie Voskel, en novembre on la voit à la Galerie Studio Art Concept à Bordeaux et enfin au « Salon d’Art Abordable » La Bellevilloise représentée par la galerie Arts23. En 2011, Caroline présente ses nouvelles œuvres à Viroflay lors de l’exposition collective « Encore plus blanc » dans la Galerie de l’Ecu de France.

Elle change de matière et opte pour une résine acrylique qui transforme son approche et inaugure une nouvelle période : le matériau impose des formes. Comme dans la soudure, l’importance de la « chimie » s’avère primordiale : nouvelle texture, nouveau grain, nouvelle manière de sécher, nouvel outillage adapté à de nouvelles contraintes. Le matériau, plus dur, impose un outillage plus conséquent, la pièce obtenue nécessite un ponçage plus précoce et le rendu est d’une finesse supérieure. L’intégration du mat de verre avant les bandes de plâtre et le papier journal rendent aussi le cœur plus solide, ici il faut plus de dextérité, s’adapter aussi à une structure légèrement plus épaisse. Les tiges employées sont plus fines et plus élastiques. Elles donnent à la sculpture du ressort, les courbes s’enroulent plus homogènes.

En 2011, apparaît une nouvelle série, couleur : rouge, rose, tangerine, aubergine, vert. Des couleurs spectaculaires, brillantes peintures de carrossier. Et aussi, un moule qui donne naissance à une série collaborative avec des artistes de Street Art. La première pièce est présentée à la Galerie Voskel et résulte du travail avec Chanoir. De nouvelles explorations à suivre…




CV et expositions

2013
Foire “
Lille art fair” pour la galerie Jouan - Gondouin (Avril)
Foire
AAF de Bruxelles pour la galerie Virginie Barrou Planquart (Fev)
Exposition collective, “Arty Market” galerie Voskel, (janv)
Exposition personnelle « Un dimanche à Paris », Purple Galerie, Paris (janv)
Galerie W (Blast), Paris (janv-Mars)

2012
Exposition collective, “Arty Market” galerie Voskel, (dec)
Exposition collective, “small is beautifull” galerie Mondapart, Boulogne, (dec)
Soirée “Sur mesure”, Hotel California, Paris ( dec)
Foire Art Gand pour ZE ART galerie, Gand, (nov)
Foire
St Art pour ZE ART galerie, Strasbourg, (nov)
Foire
St Art pour Belartvita, (oeuvres en collaboration uniquement) Strasbourg, (nov)
Exposition personnelle « Un dimanche à Paris », Purple Galerie, Paris (nov-janv)

Cutlog pour Belartvita,, Paris (oct)
Foire d’art contemporain pour  la galerie Arts 23, Chatou, (oct)
Exposition collective, Arts en pays d’Ouche, Abbatiale de Bernay, (oct)
Salon
ART O’clock pour la galerie Mondapart, La defense, (sept)
Exposition collective “Happy design” galerie Voskel ,Paris, (sept)
Exposition “Ambiance Contemporaine” ZE ART galerie, Paris (sept)
Exposition galerie Tornby, Aalborg (Danemark), (sept)
Exposition galerie Arts 23, Pézenas, (juin - sept)
Exposition collective, galerie "La Preuve par Neuf", Paris, (aout)
Exposition chez Edge, Bernay, (aout)
Exposition au chateau de Mauregard, St Hilaire le Chatel, (juillet)
Exposition galerie Belartvita, Enghien Les Bains (juin - juillet)
Exposition « Musique » galerie Jouan- Gondouin, St germain en Lay (Juin)
Exposition “Pop up Art” Elysées, “Photoformes”, Paris, (Juin)
Exposition collective galerie Jouan- Gondouin, St germain en Lay, (Mai)
Exposition “White Spirit”, galerie Quai Est , Ivry (Mai - Juin)
Foire “
Lille art fair” pour la galerie Jouan - Gondouin (Avril)
Exposition galerie Belartvita, Paris (Avril)
Exposition Galerie Mondapart, Paris (Avril)
Exposition collective galerie Voskel “ Regard”, Paris (Fev)
Création du Trophées Oracle 2012 (Fev)

Foire AAF de Milan pour la galerie Arts 23, (Fev)
Foire AAF de Bruxelles pour la galerie Mondapart, (Fev)

2011 
Exposition “la nature du design” Galerie Voskel , Paris ( Nov- Janv)
Exposition personnelle “pop up Art”, hotel “le general”, Paris ( Nov)
Salon
ARTNIM pour la galerie art 23, Nimes (23 au 26 sept)
Foire pour la galerie Mondapart , St Briac (4 au 11 aout)
Exposition dans la galerie Voskel , Paris (juillet- aout)
Exposition dans la galerie  Espace Saint Germain, Paris (juillet- aout)
Exposition dans l’Artus hôtel pour la galerie Mondapart, Paris (Juin- Sept)
Exposition galerie Art&Miss pour Arts 23, Paris (Juin)
Exposition collective à Pezenas, (Avril), Carpentras au préau des arts, (Mars)
Foire à
AAF de Bruxelles pour la galerie Mondapart, (Fev)
Exposition collective « Encore plus blanc » galerie l’Ecu de France » à Viroflay, (janv)


2010   
“Salon abordable “ la Bellevilloise pour Art 23 à Paris (3,4,5 déc)
Exposition Galerie Studio art concept à Bordeaux, (nov )
Exposition “MEMOR” Galerie Voskel à Paris, (oct) Exposition collective, "Pas à Pas" à Louveigné (Belgique), (sept-oct)
Exposition et Installation Galerie Actuel’art à Paris (mai) Exposition Galerie Voskel à Paris (avril) 
Exposition collective la halle aux toiles de Rouen (janvier)    

2009 
Exposition collective au Gondefazant, Amsterdam (juin 2009) Professeur de dessin, peinture, sculpture à l’atelier Violet.        
 
2007- 2009   
Formation chez l’artiste sculpteur Petrus à Nice (terre et pierre). Les ateliers de l’ADAC avec Jaildo  Marhino (terre, bois, résine)                                            L’atelier de Paul Flury. Sculpture (métal  & plâtre et verre). 

2002- 2007   
Enseignante d'art plastique au Lycée français de Niamey.
Création d'ateliers privés pour adultes et enfants au Niger. Travail du bronze.
Exposition rue Koira kano, Niamey ( juin 2005).

2001- 2002   
Formation ADAC. Sculpture, bronze avec Jaildo  Marhino. Professeur d’art , création de "l'atelier de  Caro", atelier pour enfants Paris, 17éme. Graphiste dans l’agence Style.   

1999- 2000   
CPE et Enseignante Arts plastiques au Niger dans le collège Mariama

1997- 1999   
Institut Supérieur des Arts Appliqués (LISAA) spécialité graphisme                       
Diplômée Master d'infographie (mention bien)



1996- 1997   
Atelier de Sèvres (préparation aux grandes écoles d’Art)        
Formation à la calligraphie gothique.

 


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